Une façon de partager, tout en pensant : Ce qui te manque, cherche-le dans ce que tu as

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Vers la Bonette

Retour en septembre, aux portes du Mercantour vers la Bonette.
Secteur que j’aimerais vraiment découvrir plus profondément, en me perdant dans ces lieux intensément. En regardant l’itinéraire routier des vacances, j’ai cherché l’endroit perdu, nature, intéressant et j’ai lu que ce col où nous devions passer était riche en faune et que celui que nous cherchions à rencontrer de près vivait dans le secteur. Il était évident qu’il nous fallait voir ça de plus près. Nous sommes donc allés là bas pour y passer la nuit et avoir le bonheur de se réveiller là haut.
Ce jour là, on aurait pu croire que le ciel attendait que nous soyons dans nos sacs de couchages pour déverser les trombes d’eau qu’il retenait depuis un moment.
La fin d’après-midi était menaçante, formant de superbes nuages bien gonflés, idéaux pour nous offrir un ciel hors norme éclairant la montagne de façon tamisée, bien plus belle et intime que s’il avait été dégagé.
Des gens vont prier, se référer à un ou plusieurs Dieu, à des convictions pour se trouver, avancer;  moi, il suffit que je me poste dans ces endroits là, devant la force de la nature pour que je sache où me situer dans ce monde et pour que ses valeurs me propulsent à la bonne place.
Je me suis endormie dans mon cocon douillet alors que dehors la pluie frappait le sol avec force, m’offrant ainsi la plus belle des berceuses.
Le matin fut sous le signe de la fraîcheur, le bout du nez gelé, le calme environnant étaient les signes précurseurs d’un ciel dégagé avec une gelée matinale.
Belle journée en perspective avec un matin aux couleurs d’or une fois que le soleil eut fait son apparition. Contraste étonnant avec les tons de la veille.
En route pour une belle journée…

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11- Soir annonciateur d’une belle nuit

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32- Palabre avec les nuages

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43- Réveil en or

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64- Premières rencontres matinales

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55- « Ayé, j’suis cachée »

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106- Guetteuse

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77-Eventail volant  (buse pattue)

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17- (bis) l’est là le circaète jean le blanc 😉 merci pour la rectif

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128-Approche

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99- Aigle royal

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1110- Saveur

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811- Aigle royal (juvénile)

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412- Surprenante et furtive rencontre avec la bartavelle

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Je vous souhaite une belle semaine pleine de belles choses.

On se retrouve dans quelques temps car pour moi ça sent bon les vacances aujourd’hui 😉

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Saveurs exquises

 

Je dis à tout le monde « désolée, mais je n’ai pas le temps », en fait j’ai du temps, mais je le passe là haut ou dans la forêt quand je ne bosse pas et j’y suis si bien que le temps libre qu’il me reste à passer en bas se restreint  tout comme les plaques de neige en plein sud.
Mercredi, j’ai failli rester un peu plus en bas, faire ce que font et doivent faire la majorité des personnes. J’avais décidé de remplir le frigo, de faire le ménage et toutes sortes de choses « à faire ».
Oui j’avais décidé ça, mais lorsque j’ai ouvert mes volets… je ne pouvais pas ne pas profiter d’une belle journée comme celle-ci; donc aucune autre alternative que de profiter de la vie.
Après un bon déjeuner, j’ai préparé mon sac, pris mes raquettes, mon chien et je suis partie à la rencontre de la vie.
La question du moment était de savoir si la neige était présente dès le départ où s’il allait falloir chausser et déchausser avant d’avoir une bonne couche.
Je l’ai vite su et j’ai chaussé et déchaussé pendant un moment avant d’avoir une neige constante.
Les nuits ne sont plus assez froides pour pouvoir monter « à pied » sur une neige dure et c’est un peu galère de monter en s’enfonçant au-dessus du genou pour se retrouver ensuite sur une portion sans neige. Bref, c’est la joie de la saison, je ne vais pas râler, c’est comme ça.
Une fois la partie bien enneigée atteinte, c’est du bonheur, je monte sans me poser de question. Une pause de temps à autre pour regarder et c’est reparti pour le coin que j’adore le plus. Un coin habituel, un coin comme un coffre aux trésors, où l’on domine un vaste territoire.
J’ai eu l’immense chance de me retrouver environ à 2000m sans n’avoir croisé personne.
Une fois de plus, c’est un luxe  Je suis arrivée à l’heure où l’estomac réclame, où le mental a envie du casse-croûte. Je me suis installée sur la crête, et j’ai observé tout en mangeant le meilleur repas du monde.
Au loin les chamois faisaient la même chose que moi, un bouquetin aussi, alors qu’un aigle volait en contre bas.
Pas d’approche animale plus importante, mais ce qu’il y avait devant moi suffisait à me rendre heureuse et à me dire que j’avais bien fait de monter. Beauté, calme, grandeur, immensité, nature, comme présents du jour. De quoi me rendre heureuse et m’interroger sur l’envie de redescendre.
J’ai bien fait de descendre car le coffre à trésors s’est renversé largement tout au long de cette descente où je fus accompagnée par mon odeur préférée, celle que le soleil extrait des épicéas par l’action de sa chaleur. C’est une pure merveille.
Pour moi elle est agréable olfactivement et mentalement car elle est liée à plusieurs choses. Le soleil, la chaleur, la montagne. Autrement dit, lorsque je la perçois c’est que tout est bien.
J’ai fait une pause un peu plus bas et là le bonheur. Un aigle et une buse se disputaient ou plutôt une buse s’en prenait à l’aigle royal !!!!
Pendant que je les observais, je n’avais pas vu que j’étais observée par celui que je souhaite rencontrer à chacune de mes sorties, celui qui me fait rêver, celui pour qui je voue une admiration énorme. Le gypaète.
Il volait là, à quelques mètres de moi. C’était Véronika, la femelle  du couple du village. Elle a 16 ans. Elle venait juste de se baigner, ses plumes étaient encore toutes collées et pouvaient laisser voir ses bagues. Elle a pondu il y a quelques jours, ce qui nous offre la chance d’avoir encore un jeune cette année.
J’admire cet oiseau, sa rencontre m’a bouleversée il y a quelques années et mon attraction pour lui ne cesse de grandir.
Mercredi après-midi, j’étais la femme la plus heureuse du coin.
J’aime cette nature et elle me le rend bien…

 

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buet 1

1- Le Buet, 3096m le sommet de la commune. Appelé le Mont Blanc des dames par les gros machos du coin au 18ème siècle. Aujourd’hui, on ne l’appelle plus comme ça, car les dames ont du répondant et les hommes ont évolué 😉 Pourquoi, j’ai l’impression de dire une bêtise 😆

 

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32- Les Fiz

 

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rouquin3- Pti rouquin

 

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44- Audacieuse!  Prise de bec entre l’aigle royal et une buse.

 

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gyp 15- Gypaète barbu. Véronika

 

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gyp 26- Véronika.

 

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57- Désolée, si près qu’elle ne rentrait pas dans l’objectif 😉

 

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Culture et récolte

 
Me voilà de retour après une semaine de vacances plus qu’estivale en automne où l’on a pu profiter un maximum de tout avec des conditions climatiques exceptionnelles qui nous ont permis de dormir en haut d’une façon plus que favorable par rapport à cet été. 
On s’était préparé à avoir froid, ce qui est normal à cette époque mais quelle ne fut pas notre surprise d’être loin de cette sensation,  pour notre plus grand plaisir.
Se retrouver là haut, seuls, en étant attentifs aux lueurs, aux sons, aux sensations, c’est ce qu’il y a de mieux; même le repas cuit au réchaud, à la lumière de la frontale a un goût qu’on ne retrouve nulle part ailleurs 🙂 et je ne parle pas du carré de chocolat!
Il est bon de suivre le rythme de la nature, ne pas regarder l’heure, manger, se coucher de façon évidente sans tenir compte de ce qui se fait ou pas. « Être » simplement.
Après une nuit douillette, se lever pour déjeuner encore dans l’immensité calme qui nous entoure, et aller voir le soleil baigner petit à petit les sommets. Avoir tout ça rien que pour nous. C’est bon l’égoïsme dans ces moments là.
N’avoir à l’esprit que la beauté, le bonheur et l’envie d’aller voir…
Voir quoi? voir ce qui vole dans le ciel, contre les falaises ou en dessous de nous.
Scruter, attendre, croire et voir. Voir de loin, ou de près (et que l’on n’a pas le bon objectif)  ;), mais voir et ça, ça ne se décrit pas lorsque l’on cherche à rencontrer tel ou tel animal.
Bien que mon cœur batte pour tous les rapaces et tous les animaux, j’avoue avoir un attachement particulier envers le Gypaète alors que Christophe, qui était à mes côtés pour partager tous ces instants, scrute le ciel en pensant un peu plus fort à l’Aigle Royal .
Une chose est sûre lors de ces sorties, que l’on ait croisé ou pas l’hermine, le gypaète, l’aigle royal, le chamois, on ne rentre jamais bredouille, on trouve toujours une chose…   
le bonheur
 

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buet1- Le Buet au grand jour
 

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dernières lueurs2- Rayons du couchant sur le Mont Blanc

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coucher vallée3- Derniers lueurs sur la vallée

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c hristophe

4- Plus que le Mont Blanc

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lever du soleil sur les fizz5- Réveil face aux Fiz

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Série de mauvaise qualité mais voilà, c’est aussi pour eux que je monte, donc, en attendant de les avoir comme il le faut, je les partage comme je les ai.
 
 
gypa6- Gypaète adulte

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gyp7- Gypaète

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aigles8- Aigles Royaux

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A force d’avancer, de mettre un pied devant l’autre,
D’entrer dans le rythme, de se dépasser,
Notre personnalité se modèle, notre aptitude à être heureux s’agrandit.
Pas après pas, nous nous gonflons de bonnes choses, chassant le négatif,
Effaçant la futilité, tout en ouvrant nos yeux sur de nouvelles importances.
Autrement dit, si tu veux que tout fonctionne dans ta tête et dans ton cœur,
Utilise tes jambes 😉
 
 

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Encore et toujours à la recherche de l’instant précieux

 
La météo de cet été restreint vraiment les sorties et les découvertes. Je dis ça, mais je pense que si l’on ouvre bien les yeux, on est capable de faire des découvertes dans un périmètre proche de chez soi, ne serait-ce que dans un champ.
Le périmètre proche ça va bien un moment mais l’envie d’évasion se fait quand même ressentir.
Jour de chance, dimanche matin nous a offert une accalmie, une parenthèse entre les trombes d’eau et la bruine persistante. Ce ne fut pas les grandes chaleurs ni le ciel bleu mais cela nous a permis de retourner sur les crêtes voir si on pouvait croiser de belles choses dans le ciel autres que des nuages.
La masse nuageuse accrochée aux sommets offrait une belle ambiance, une ambiance plus coutumière aux journées d’automne qu’à celles d’un mois de juillet.
Avec une montée dans la boue, où la stabilité était loin d’être présente pour laisser sa place à une démarche aléatoire, nous en avons oublié le dénivelé pour nous focaliser sur la difficulté à rester debout 😉
Une fois sur les crêtes, le spectacle s’offrait à nous. Beaucoup ne verraient pas ce qui nous enchante et se demanderaient pourquoi nous prenons la direction de là haut.
Moi, je sais pourquoi j’aime tant …
Il me suffit de m’installer, de regarder tout ce qui est à portée de vue pour sentir l’effet magique opérer. Ça commence par la perception du lieu. Instinctivement j’inspire à fond pour m’imprégner de cette atmosphère, comme pour faire corps avec l’endroit. A ce moment là, la vague de bien être m’inonde, je me sens envahie par cette nature qui m’enchante. Le vide à mes pieds, la hauteur des falaises, l’étendue du paysage, tout ça m’intègre et je peux rester de longs moments à observer comme si je faisais partie de ce tout, dans une parfaite osmose. A ce moment là, tout élément qui s’ajoute devient une source de bonheur en plus; qu’il s’agisse d’une bande de nuages qui descend des falaises, d’un papillon qui vient se poser sur une fleur, d’un rapace, d’un chamois ou tout autre.
Voilà pourquoi j’aime me retrouver en haut au milieu de nulle part où les seules rencontres humaines sont celles que l’on a désiré.
 
 
 
 

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Là haut, vers les crêtes, un autre univers.
fb
1- Aigle royal

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web
2- Lys Martagon

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Plus bas, au village, le Giffre est gonflé par les pluies constantes ce qui a le don de le faire gronder encore plus que d’habitude. Aujourd’hui, on ne prend même plus la peine d’éviter les flaques, la boue, il y en a partout et regarder où l’on pose les pieds devient une futilité.
 
2W
4- Le Giffre dans son écrin végétal
 
 

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4W
5- Donner de la douceur à la force

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Dans la grisaille du jour, je partage encore un peu de Paul Eluard, avec une note plus chaude et colorée que ce ciel inlassablement gris.
 
 
Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens,
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur de mes yeux,
Elle s’engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel.
Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir.
Ses rêves en pleine lumière
Font s’évaporer les soleils,
Me font rire, pleurer et rire,
Parler sans avoir rien à dire.
Paul Éluard

C’est dans l’air

1-Immature

2-Immature

3-  Adulte

4- La portance, toute en finesse…

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Hier, je suis montée dans un petit coin que j’aime, avec l’espoir de croiser des bouquetins et chamois, tout en finissant dans la neige.


Je suis montée par l’envers, à l’ombre et par la forêt. J’adore. Une fois sortie de la forêt, c’est austère, sombre et gris. D’immenses dalles entourent les nants, la roche est dominante. J’aime ce passage. Au sommet, je sais que je vais basculer au soleil, où tout est coloré, chaud.

Je me suis bien retrouvée au soleil, en haut, mais les fortes pluies et la remontée des températures de ces derniers jours ont fait fondre la neige tombée vendredi.
Je n’ai pas croisé de chamois, ni de bouquetins. Qu’importe, j’y ai trouvé bien d’autres choses. Visuellement, je ne peux  partager avec vous que les aigles et une ou deux photos.
Si je voulais partager ce que je trouve là haut, il faudrait que je reste devant l’écran plus longtemps et que je vous raconte, mais ça, c’est une autre histoire, que de raconter ce que l’on peut trouver en montagne. Certains d’entre vous, savent…